Exposition consacrée à Maximilien Luce

Le Musée de l’Hôtel-Dieu présente, à partir du 26 février, un nouvel accrochage des oeuvres de Maximilien Luce.

La collection Maximilien Luce (1858-1941), ensemble graphique et pictural d’une grande richesse, est intimement liée à l’histoire du Musée de l’Hôtel-Dieu. Exposés de façon permanente, depuis l’ou­verture du musée en 1996, les quelques 150 peintures, dessins et estampes composant ce précieux fonds, ont sans conteste, forgé l’âme et l’identité des lieux.

Grâce aux généreux prêts consentis par la ville de Mantes-la-Jolie dans le cadre du festival Normandie Impressionniste (La Seine au fil des peintres, de Boudin à Valloton, du 24 avril au 25 juillet 2010, Musée de Vernon et Maximilien Luce néo-impressionniste, du 28 juillet au 31 octobre 2010, Musée des Impressionnismes de Giverny), l’année qui vient de s’écouler fut particulièrement propice à la découverte ou à la redécouverte de l’oeuvre de Maxi­milien Luce, permettant de révéler au plus grand nombre les fabuleux trésors de ce maître du néo-impressionniste.

De retour dans son écrin historique, La Figure et le Mouvement dans l’oeuvre de Maximilien Luce est aujourd’hui le thème général du nouvel accrochage qui est proposé par le Musée de l’Hôtel-Dieu.

Composée de 31 peintures, 15 lithographies et dessins, ac­compagnés d’un ensemble de documents et illustrations, cette nouvelle exposition décline, avec pertinence, toutes les thèmes chers à l’artiste.

Portraits, baignades, scènes de travail et visions de guerre, ports, paysages champêtres ou marins, le génie énergique et libre de Luce touche, palpe, mesure l’espace, modèle la fluidité de l’air, caresse l’écorce de toute chose, avec ce qu’il suggère de substance, de poids et d’élan et fait naître dans le mouvement ardant d’une palette exaltée, la figure de l’Homme, au plus profond de ses joies et de ses souffrances, de sa révolte et de son labeur.

De la force des corps en mouvement, celle des hommes du « Pays Noir », enchaînés dans les fournaises de Charleroi, jusqu’aux forces vives des « esclaves modernes », pris dans les excès d’un essor industriel massif et déshumanisant, Luce ne cessera, durant son existence, de se pencher sur les miséreux et les travailleurs et sur toute cette humanité en perpétuel mouvement.

Témoin du siège de Paris et de l’agonie de la Commune, il sera aussi particulièrement marqué par la Grande Guerre et restituera avec émotion des scènes déchirantes au abords de la gare de l’Est, où défilent pêle-mêle, encore meurtris des traumatismes de la guerre, permissionnaires et blessés, femmes et enfants dans l’attente, fixés en plein mouvement, sous une chute incessante de neige.

De manière plus sereine sont aussi présentées des oeuvres lumineuses, imprégnées de la poé­sie de l’Île-de-France et du charme de la Seine, visions apaisées de l’artiste dans son atelier de Rolleboise dans lequel se succéderont, de 1917 jusqu’à sa mort, les esquisses prisent « sur le motif » et les por­traits délicats et harmonieux.

Au fil d’une palette tempérée, estompée et adoucie, au « dernier terme de l’expérience et au dernier effort du génie » pour reprendre le propos de George Sand, ce que nous lègue Maximilien Luce, par l’intelligence d’une main qui n’aura jamais cessée son mouvement, c’est le témoignage sensible et toujours vibrant des morceaux d’une vie où l’art du maître, comme le prétendait Emile Verhaeren, « ce fut Luce lui-même ».

Biographie :

1858 – Le 13 mars, Maximilien Luce naît à Paris (13, rue Mayet, Paris VIe).

1864 – La famille Luce s’installe rue d’Odessa, dans le XIVe arrondissement. Le jeune Maximilien, inscrit à l’école com­munale du quartier, manifeste un goût très prononcé pour le dessin. Il suit des cours du soir où il reçoit l’enseignement de Jules-Ernest Panis, ami de Corot.

1871 – Luce est témoin de la terrible répression de la Commune par les Versaillais, lors de la « Semaine Sanglante » (22-28 mai 1871). Il restera toute sa vie marqué par ces événements.

1872 – Maximilien suit un apprentissage dans les ateliers du graveur sur bois Hildebrand. Parallèlement, il fréquente l’école de dessin de la rue de Vaugirard où il rencontre Maillart, qui enseigne aux ouvriers des Gobelins. La famille Luce quitte Paris et s’installe à Montrouge.

1876 – Ouvrier-graveur chez Eugène Froment, il fait la connaissance de Léon Gausson et de Cavallo-Peduzzi. Luce fréquente l’Académie Suisse et l’atelier de Carolus-Duran où il est admit.

1877 à 1883 – Eugène Froment emmène Luce, dont il apprécie les talents, à Londres. Premier tableau daté, La mère de l’artiste dans le jardin de Montrouge. Incorporé le 7 novembre 1879 au 48e Régiment d’Infanterie de Ligne à Guin­gamp, il est nommé caporal en octobre 1880 et décore le mess des officiers. Grâce à l’intervention de Carolus-Duran il est muté à la caserne de Reuilly, à Paris, en janvier 1881. Par l’intermédiaire de Givort, Luce rencontre Eugène Baillet. Il fait la connaissance du sculpteur Alexandre Charpentier, continue à suivre les cours de Carolus-Duran, Froment et Auguste Lançon et achève son service militaire en septembre 1883.

1884 à 1886 – Séjours à Lagny-sur-Marne en compagnie des peintres Cavallo-Peduzzi et Léon Gausson qui l’initient aux recherches et à la technique de Seurat et aux nouvelles techniques de la peinture optique.

1887 – Luce s’installe à Montmartre, au 6, rue Cortot. Il expose au Salon de la Société des Artistes Indépendants. Remarqué par Pissarro, il rencontre Seurat, Angrand, Cross et Paul Signac qui lui achète La toilette. Il participe dès lors régulièrement au Salon.

1888 – Première exposition particulière à la Revue Indépendante, sur l’invitation de Félix Fénéon.

1889 – Émile Pouget fonde l’hebdomadaire anarchiste Le Père Peinard, Luce y collabore à de nombreuses reprises. Il participe à d’autres publications libertaires telles La Révolte, L’Assiette au Beurre etc. Séjourne et travaille chez Pis­sarro à Eragny et chez Signac, à Herblay.

1891 à 1893 - Mort de Seurat, le 31 mars 1891. À la demande de son épouse, Luce, Signac et Fénéon font l’inven­taire de l’atelier du peintre puis, Luce voyage à Londres avec Pissarro avant de rejoindre Signac à St Tropez durant l’été 1892. En 1893, Maximilien Luce fait la connaissance d’Ambroisine Bouin qui deviendra son épouse et part séjourner en Bretagne, à Camaret.

1894 - Le Président de la République, Sadi Carnot, est assassiné le 24 juin par l’anarchiste Caserio. Luce est arrêté et détenu à la prison Mazas pour « menaces anarchistes » en même temps que son ami Félix Fénéon. Ils sont libérés en août, à la suite du Procès des Trente. Un recueil de lithographies illustre cette période d’emprisonnement.

1896 - Premier voyage à Bruxelles à l’invitation d’Émile Verhaeren, puis à Charleroi en compagnie de Théo van Rys­selberghe. Naissance de son fils, Frédéric, le 20 juillet.

1899 à 1907 - La galerie Durand-Ruel lui consacre une importante exposition personnelle. Sont présentées 33 toiles de Charleroi, où se concentre, autour du bassin houiller, toute la grande industrie. Expose à la galerie Druet en mars 1904 et participe au Salon des Indépendants en 1905. A cette occasion, il fait la connaissance de Georgette Agutte et d’Alfred Veillet. En février 1907, La galerie Bernheim-Jeune lui consacre une exposition personnelle. Luce voyage en Hollande avec Van Dongen.

1909 – Élu Vice-président de la Société des Artistes Indépendants, Les Hommes du Jour lui consacre un numéro en mars.

1914 – La Galerie Choiseul lui consacre une belle exposition. Luce y présente un ensemble d’oeuvres relatives au travail et aux travailleurs. Lorsque la guerre éclate, Maximilien Luce séjourne en Bretagne, à Ker mouster puis Lézardrieux.

1915 à 1917 – Luce peint une série de toiles consacrées aux gares parisiennes et aux permissionnaires. Il découvre Rolleboise grâce à Veillet.

1920 – Il s’installe rue de Seine dans le VIe arrondissement de Paris, puis achète une maison à Rolleboise, située au pied de l’église, magnifiée par Corot, dominant la vallée de Seine.

1921 à 1924 - Expose à la galerie Dru à Paris, puis participe à l’exposition Trente ans d’Art Indépendant, 1884-1914 du Grand Palais. La galerie Druet lui consacre une exposition.

1928 - Adolphe Tabarant publie la première biographie de Luce.

1930 - Exposition personnelle à la galerie Brû, Paris. Séjourne à Honfleur, au Tréport et à Saint-Malo.

1935 - Luce est élu Président de la Société des Artistes Indépendants et succède à Signac.

1940 - Mort de son épouse Ambroisine, le 7 juin, à Rolleboise.

1941 - Maximilien Luce meurt dans son atelier parisien de la rue de Seine, le 7 février. Il est inhumé au côté de son épouse, dans le cimetière de Rolleboise.

Liste des oeuvres exposées :

 

- Portrait de Maximilien Luce par Van Dongen, huile sur toile, N.D, 38 x 35 cm

- Autoportrait, Maximilien Luce, huile sur panneau, N.D, 41 x 33 cm

Encadrement

- Portrait de Luce dans son atelier, photographie de Penot, N.D, 17 x 24 cm

- Maximilien Luce, catalogue d’exposition, Galerie Bernheim – Jeune, 14-19 novembre 1910, 16 x 12 cm

- Portrait de Luce âgé, photographie de Mailliez, N.D, 18 x 12 cm

Scènes d’intérieur

- Femme et enfant, dessin au lavis, N.D ,26 x 20 cm

- Femme se coiffant, lithographie, N.D, 43 x 30 cm

- Mme Bouin à sa toilette, huile sur toile, 1901, 92 x 73 cm

- Femme se chauffant, lithographie, N.D, 46 x 34 cm

- Intérieur, rue Cortot, Eau-forte, N.D, 38 x 30 cm

- Portrait de Paul Signac peignant, lithographie, N.D, 35 x 27 cm

- Portrait de Maximilien Luce par Frédéric Luce, aquarelle, 1936, 62 x 48 cm

- Portrait de Maximilien Luce par Séverin Rappa, dessin, N.D, 28 x 24 cm

Scènes de la vie quotidienne

- Guinguette à Rolleboise, huile sur carton, N.D, 49 x 17 cm

- Méricourt, la plage, huile sur toile, 1930, 65 x 50 cm

- La plage de Méricourt, baignade, huile sur toile, N.D, 55 x 38 cm

- Rolleboise, femme et enfant sous un saule, lavis d’encre noire avec rehauts de fusain, N.D, 50 x 32 cm

- La toilette au pont des Saints-Pères, huile sur toile, N.D, 55 x 46 cm

- Les baigneurs, huile sur papier, N.D, 38 x 28 cm

- Rolleboise, la baignade dans le petit bras, huile sur toile, N.D, 145 x 135 cm

- Cour de ferme à Rolleboise, huile sur toile, N.D, 61 x 51 cm

- Rolleboise, le jardin au printemps, huile sur toile, 1927, 65 x 50 cm

- Cour de ferme à Rolleboise, dessin au lavis, 60 x 45 cm

- Saint-Laurent-en-Caux, la cour normande, huile sur toile, N.D, 65 x 54 cm

- Ker mouster, la plage, huile sur carton, 1914, 67 x 52 cm

- Dieppe, la plage, dessin au lavis, 1930, 48 x 32 cm

- Paramé par gros temps, huile sur toile, 1934, 65 x 50 cm

- Le Tréport, les quais et la drague, huile sur toile, 1934, 65 x 50cm

- La Plage au Tréport, huile sur toile, 1931, 55 x 46 cm

Le monde du travail

- Travailleur poussant un wagonnet, huile sur carton, 1905, 73 x 60 cm

- Le fardier, huile sur carton, N.D, 65 x 48 cm

- Livraison d’un tonneau de vin, huile sur carton, N.D, 73 x 57 cm

- Débardeurs, huile sur papier marouflé sur toile, N.D, 54 x 42 cm

- La rue Réaumur, lithographie, 1896, 41 x 30 cm

- Construction, Quai de Passy, huile sur toile, 1907, 100 x 82 cm

- Les mineurs à Charleroi, lithographie, N.D, 26 x 20 cm

- Un four à briques, le rabotage, lithographie, N.D, 44 x 29 cm

- Fonderie à Charleroi, la coulée, huile sur toile, 1896, 162 x 130 cm

- La vache à lait, lithographie, N.D, 35 x 32 cm

- L’écurie, huile sur toile, 1880, 46 x 38 cm

- Les Tanneurs, huile sur carton, 1880, 33 x 24 cm

Vitrines

- Les Gueules noires, dessin de Luce d’après Constantin Meunier, ensemble de 4 lithographies, 38 x 28 cm

- Le Petit Betting, ensemble de 3 lithographies, 48 x 32 cm

Scènes militaires

- La Gare de l’Est sous la neige, huile sur toile, 1917, 162 x 130 cm

- Les escaliers de la rue d’Alsace, huile sur carton, 1916, 67 x 52 cm

- La Gare de l’Est, les permissionnaires, huile sur carton, 1915, 93 x 60 cm

- L’exécution de Varlin, huile sur toile, N.D, 116 x 89 cm

Scènes allégoriques

- Le Bon Samaritain, huile sur toile, 1906, 116 x 89 cm

- Le retour de l’enfant prodigue, huile sur toile, 1920, 65 x 54 cm

- La Nativité, Rolleboise, huile sur toile, 1920, 65 x 50 cm

- Les voleurs de poules, huile sur toile, 1927, 100 x 81 cm

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